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lundi 30 novembre 2020

L'illusion (2020) de Maxime Chattam : Un huis-clos en montagne qui nous fait perdre la tête !

 



Auteur : Maxime Chattam.
Date de sortie : 28 octobre 2020.
Pages : 464.
Prix : 22.90€.
 
Tous les ans en fin de mois d'octobre c'est devenu une habitude, nous avons une nouvelle sorti de Maxime Chattam par les éditions Albin Michel. Après Le signal en 2018, Un(e)secte en 2019, voici L'illusion en 2020.
 
 
Vous avez aimez la magnifique carte de la ville de Manhingalls Falls ? C'est vrai qu'elle est magnifique. Eh bien en voici une autre. Beaucoup moins de détails mais c'est normal comme l'action se passe non plus dans une grande ville mais dans une station de ski. 


Petite mise en situation avant et avec ce qu'il y a eu comme critiques sur les réseaux sociaux quand la couverture et le résumé se sont dévoilé(e)s sur la toile. Quand on voir cette très belle couverture et quand on lis le résumé, il est impossible de ne pas penser à Shining. J'ai été le premier à me faire cette réfléxion. La montagne, des bâtiments qui sont d'ordinaire remplis de gens mais se vide pendant l'été, l'isolation, la neige et puis des choses étranges qui s'y passent...Beaucoup de similitudes. 
 
Donc si vous trouvez des points communs avec, c'est normal. Beaucoup de gens se plaignaient justement de ça sur les réseaux sociaux, disant avant même d'avoir lu le livre puisqu'il n'était pas encore disponible en librairies que c'est une copie du roman de Stephen King. De mon point de vue, ça ne me dérange pas puisque Shining est un de mes films favoris et pareil pour le roman. Donc que ça y ressemble ça ne me dérange pas du tout. Mais une fois lu, est-il vraiment ressemblant ? Eh bien pas du tout ! Alors oui, au début Chattam joue avec nous, on y retrouve même cette phrase « C’est Shining ici », «En même temps, dès que tu as une ambiance un peu bizarre sans un hôtel, c’est la référence ». Cette phrase me fait penser que chattam savait forcément qu’on allait le comparer à Shining et il a mis ce petit clin d’œil. Une autre phrase marrante parlant des fameuses jumelles en robe bleue... Mais ça s'arrête là Donc pour ceux et celles dans le fond qui ont peur d'une copie, ce n'est pas du tout le cas. Très très loin d'en être une.

BIENVENUE A VAL QUARIOS, PETITE STATION DE SKI FAMILIALE TRANQUILLE...EN PRINCIPE.


L'histoire est centré sur Hugo, un homme qui supporte mal son divorce. Il n'arrive pas à reprendre une vie normale. Pour oublier tout ça et reprendre sa vie en main, il a besoin de partir loin de ses repères pour penser à autre chose. Ça tombe bien, il découvre une annonce pour gérer une station de ski avec plusieurs tâches pendant la fermeture en été avant de rouvrir en hiver. Pour lui c'est le bon moment de signer et de faire ce séjour. Là au moins c'est clair, il sera isolé de tout et il pourra prendre un grand bol d'air frais. Donc il accepte. Ce sera des "vacances" de cinq mois. Après un long trajet de trois heures par Lily, son hôte d'accueil, il en apprends un peu plus de cet endroit. Ne pas être claustrophobe, ne pas avoir du mal de l'isolation et ne pas être addict d'internet car il n'y a pas de réseaux pour la saison. Mais il ne sera pas tout seul puisqu'il y a d'autres gens qui seront avec lui pour s'occuper des lieux. Encore faut-il être avec de bonnes personnes quand on est bloqués ensemble pendant aussi longtemps avec aucun moyen de partir d'ici puisqu'ils se sont fait conduire, ils n'ont pas leurs moyens de transport avec eux à la station.


Là où j'avais été un poil déçu de Un(e)secte, ce ne fut pas le cas avec L'illusion. Et le roman porte très bien son nom. Hugo est une personne un peu sensible, surtout depuis son divorce et il s'imagine sans arrêt les pires atrocités. Pas terrible quand il est coincé à cette hauteur, ça peut jouer sur son humeur. Il va avoir d'étranges visions tous plus inquiétantes les unes que les autres. Au fil des jours on va découvrir comme lui les environs. La station et son étrange architecture et où il est très facile de s'y perdre même en connaissant les lieux, les chalets, la forêt inquiétante qui les entours, la tour et un grand chalet perdu en plein milieu des arbres. Comme dans son roman Le signal, l'environnement est comme le personnage principal. Là où tout se joue.

 Maxime Chattam, découvrez son tout nouveau thriller : L'illusion - YouTube
 
 

J'ai retrouvé le style d'écriture et le même suspens insoutenable dans la dernière partie que dans La Théorie Gaïa. Vous savez, où à chaque fin de chapitre on veut absolument tourner la page pour savoir ce qu'il va se passer. Un vrai page-turner différent du reste de la production. J'ai ressenti la même sensation. N'importe qui peut être le suspect. Et plus on avance dans l'intrigue, plus c'est difficile de deviner la vérité. Pour une fois dans un roman de ce genre, le dénouement est difficile à trouver par soi-même. On peut avoir des débuts de pistes comme j'en ai eu plusieurs mais de comprendre tout avant de lire, faut le faire. Et c'est là la grande force de cette histoire. Ce n'est pas habituel. Ce n'est pas quelque chose que j'ai souvent lu. C'est inattendu et intelligent. L'auteur se joue de nous pour nous perdre dans plusieurs pistes. C'est vraiment bon. Pas déçu de la fin, ce qui est toujours l'une des parties les plus difficiles d'un livre de faire une bonne conclusion. Et elle est réussie. Surprenante, même. 

 

Seul regret, c'est que comparé aux premières histoires de l'auteur, ce n'est pas violent. Il faut savoir que l'histoire se chauffe dans la dernière partie mais ça reste très soft. Pour une lecture encore plus marquante je m'attendais à voir plus d'action, à plus de scènes flippantes compte tenu de l'endroit où ça se passe. C'était le lieu idéal pour faire des scènes horrifiques. Et hormis les quelques passages de visions où c'est toujours la même chose, pas une seule fois j'ai pu ressentir ne serait-ce qu'un petit frisson. Dommage.

 

Sur ce, si vous avez le courage de partir en vacances cette fin d'année à la montagne à une station de ski pendant que c'est encore possible, soyez quand même un minimum vigilent. C'est un conseil :) 

 

 


 


vendredi 1 mai 2020

Un(e)secte (2019) Un roman qui aurait pu plus surprendre et donner plus de frissons !




Auteur : Maxime Chattam.
Date de sortie : 30 octobre 2019
Pages : 480.
Prix : 22.90€.

Parmi les gens qui liront mon article, combien d’entre-vous ont une phobie des araignées ? Peut-être au moins la moitié j’ose dire ? Je suis déjà dans ce cas. Des petites bestioles qui ne mangent pas les grosses, nous dit-on toujours dès qu’on panique à voir une petite araignée de rien du tout ou d’autres fois des un peu plus grosses mais qu’on les voit comme énormes à cause de notre peur. Nous sommes nombreux à être comme ça. C’est comme la peur du vide ou d’autres phobies, nous n’y pouvons rien. 

Selon des études, un humain avale en moyenne 8 araignées par ans en dormant. Jusque là, cela n’a jamais tué personne et on ne s’en rends même pas compte. Donc rien de bien grave. Après est-ce que c’est vrai ? C’est la vraie question et on peut se dire que ça doit dépendre de tout plein de paramètres différents comme dans quel pays ou régions nous habitons, dans quel habitation si c’est une maison récente ou ancienne, un immeuble et aussi le climat. Il y a t-il beaucoup d’araignées ou d’autres insectes chez moi ? Beaucoup d’interrogations. 

Mais en lisant le roman qui est très documenté, on apprends qu’il y a 1 milliard et 500 millions d’insectes pour UN habitant sur la planète ! On sait déjà que les araignées peuvent être nombreuses dans une maison et elles sont importantes, d’où cette raison de ne pas les tuer. Mais en réalité les insectes sont partout autour de nous ! Et si d’un coup ils deviennent dangereux pour l’homme, comment fait-on pour y échapper ? Nous sommes loin des tueurs et des psychopathes qui peuvent faire des massacres mais ils sont peu nombreux face à toute une armée gigantesque de bestioles qui peuvent s’introduire n’importe où ! Fermée une porte à clé ou fermer les volets/les stores, avoir une alarme de sécurité n’arrêtera pas ces trucs. Voilà le point de départ de cette nouvelle histoire de Maxime Chattam. Faites place aux araignées, aux scorpions, aux abeilles, aux cafards, aux scolopendres et autres joyeusetés de la nature.
 


Pour cette histoire, nous suivons deux personnages. Le détective Atticus Gore, travaillant à Los Angeles. Ses anciennes enquêtes sont toutes des échecs. Il est en perte de vitesse avec son partenaire Hack et en plus de ça, il se retrouve dans une affaire bien étrange avec un corps retrouvé dans un parc national. Meurtre remplis d’interrogations sur une scène de crime pas comme les autres. C’est le moment ou jamais pour lui et pour son collègue de réussir à boucler ce nouveau cas et avoir une meilleure réputation. L’autre s’appelle Kate Kordell, une détective privée habitant à New York et qui se retrouve elle aussi mêlée à une disparition d’une fille. C’est la mère de la disparue qui à pris contact. Ces deux personnages centraux de Un(e)secte vont du coup tout tenter pour comprendre ce qu’il se passe. 

Des beaux quartiers de la ville des anges aux quartiers d’une pauvreté hallucinante en plein cœur de New York, c’est dans une Amérique très visuelle que Chattam nous emmènent. Les descriptions sont nombreuses et détaillées et histoire d’être bien dans l’ambiance, un petit tour sur Google Maps aide parfaitement à comprendre dans quoi évolue les personnages. 
Les deux enquêtes sont passionnantes et bien construites. On essaye de comprendre comme eux le pourquoi du comment. Puis on avance, on commence à se faire nos propres réponses, à comprendre ce qu’il se passe des deux côtés des USA. Ils vont avoir affaire à quelque chose de colossal et qui est prévu pour atteindre toute la planète. Les chapitres sont courts et comme toujours avec l’auteur, c’est un page-turner. Tout comme j’avais été intrigué du début à la fin par son roman Gaïa (c’est grâce à ce bouquin que j’ai commencé ma passion pour les livres), j’ai retrouvé dans celui-ci le même suspens en fin de chapitres. Mais la raison pour laquelle les insectes deviennent des machines à tuées est réussie. Vous avez peut-être déjà vu ces films de ‘série B » avec des budgets ridicules et où très souvent ce sont d’immenses créatures comme des araignées, des fourmis, des oiseaux, des serpents, des crocodiles bien plus grands qu’en vrai comme les araignées faisant des dizaines de mètres de hauteurs ? Ce sont des films plus comique qu’effrayant. Eh bien ici les insectes sont réalistes et c’est justement sur ça que ça peut faire peur, on s’imagine bien plus facilement l’horreur que ça peut être si on serait dans ces cas-là. Il est finalement difficile d’en parler sans évoquer des spoilers. Et si je vous en dévoile trop, l’intérêt du livre est mort. 

Là où le roman m’a étonné c’est que finalement, les passages avec les insectes sont très peu nombreux. Je m’attendais à plus de folie, à plus de scènes dérangeantes alors qu’en fait l’histoire se concentre vraiment sur ses deux enquêtes. Le tout début on assiste à une scène qui peut donner des frissons à cause des détails puis après, plus rien. Pourtant avec autant de sortes de bestioles, il y avait matière à donner encore plus de frissons mais c’est le calme plat. Et j’ai trouvé la fin beaucoup trop expéditive ! Mais ça je le sentais gros comme une maison au fur et à mesure que je m’approchais de la fin et qu’il me restait plus que quelques pages, je me disais que c’est bizarre alors que l’histoire ne faisait que de vraiment se lancer. Je m’attendais là aussi à plus de révélations fracassantes , à ce petit quelque chose qui me fasse dire en tournant la dernière page « ah ouais quand même, chapeau ! ». Alors que non.
 
Le roman est aussi très documenté. J’ai trouvé ça passionnant quand ça parle des insectes dans notre monde, la place qu’ils ont avec nous. Et dans les remerciements Chattam nous montre de vrais exemples que ce qu’il a écrit pour en faire son histoire n’est pas si éloigné que ça de la réalité. Alors un conseil, lecteurs et lectrices : si un jour vous voyez une tache sombre grouillante à toute vitesse vers vous avec plein de pattes et de bruits d’insectes, fuyez. Le seul endroit, à priori le plus sûr, serait sur la mer. Et encore…

Pour finir sur des mots un peu plus joyeux, Chattam a déjà en tête une seconde histoire avec le détective Atticus Gore. Va t-il réécrire une histoire sur le même thème, ce qui ferait que l’univers de ce personnage de Gore serait concentré sur la faune ? Mystère ! En espérant être plus surpris avec la suite quand elle arrivera 🙂 

 

vendredi 7 décembre 2018

Le Signal de Maxime Chattam (2018)





Auteur : Maxime Chattam.
Date de sortie française : 24 octobre 2018.
Pages : 752.
Prix : 23.90€.



"AVEZ-VOUS DÉJÀ EU VRAIMENT PEUR EN LISANT UN LIVRE ?"




De mémoire, ça doit être le roman dont j’ai le plus attendu sa sortie.

-Premièrement, c’est parce que comme je l’avais déjà écrit dans un précédent article sur Maxime Chattam* (mettre le lien), j’ai découvert la littérature grâce à cet écrivain. Sans lui il n’y aurait pas ce blog et l’amour que j’ai aujourd’hui pour les livres.

-Deuxièmement, la couverture. Ce grand bâtiment me rappelle beaucoup l’hôtel de Shining, l’Overlook. Et étant fan de l’œuvre de Stephen King et du film de Stanley Kubrick, forcément j’étais intrigué.

-Troisièmement  c’était par le résumé qui a été mis en ligne pas longtemps avant la sortie du roman. Une ville avec ses secrets et ses mystères, une famille, une communauté...C’est le genre d’histoire que j’adore et dont je ne me lasse pas. Alors quand tout ça est mis dans le même panier et qu’en plus c’est écrit de la plume de Maxime Chattam, je l’ai attendu avec une énorme excitation ! D’autant plus que toute la presse spécialisée et les lecteurs et lectrices, je n’ai pas vu une seule personne qui ne disait ne pas être effrayée par l’histoire ou être déçu(e).

Et Albin Michel a mis le paquet sur le marketing avec toute la pub que le roman a eu avant sa sortie et même après sa sortie. Des articles dans les journaux. La folie. La couverture qui se dévoile sur les réseaux sociaux, le résumé qui se mets en place dans la tête de tout le monde et aussi une grande communication sur l’objet en lui-même. Donc la couverture mais aussi sur l’originalité du titre avec le contours de pages noires, bien pour nous faire voir que le livre est sombre avec ce noir omniprésent. Et pour finir, un somptueux plan de Mahingan Falls, là où se situe l’histoire dans ce lieu fictif. Il est bourré de détails ! 



 « Personne ne fit le rapprochement  ce soir-là entre l’absence de poissons à proximité de la baie et le silence dans la forêt environnante. Pas plus avec les oiseaux pratiquement muets ou le comportement étrange de la plupart des chiens au moment du crépuscule. Chacun était trop occupé à mener sa propre existence. Et pendant ce temps, l’ombre grandissait, inlassablement ».


 
Ma première interrogation était de voir si le livre allait vraiment me faire peur. Je n’ai jamais réussi à avoir peur en lisant. J’avoue que quand on le lis seul avec une petite lumière de table de chevet et avec aucun bruit aux alentours, j’ai eu quelques petites sueurs froides. À tel point que la nuit en me levant je n’étais pas super rassuré. Ce qui est plutôt bon signe. Mais c’était lors de la première partie. On se pose une multitude de questions sur ce qu’il se passe, comment cela arrive et comment cela va se finir. Mais ça doit être le fait que je suis trop habitué à l’horreur, à l’épouvante. Donc mon avis ne reflète surtout pas l’avis général des gens car tout le monde a eu peur devant Le Signal. Mais je comprends tout à fait. Maxime Chattam a parvenu à créer une ambiance froide malgré la magnifique ville de Mahingan Falls, un endroit pourtant paisible et qui serait l’endroit parfait pour y faire ses vacances. 


 



Comme je l’ai écrit plus haut, j’adore les villes en pleine nature avec la forêt et les montagnes avec une petite communauté où tous les habitants se connaissent. Mahingan Falls est un endroit imaginaire plus vrai que nature. Il y a tout ce qu’on retrouve dans une ville. L’auteur nous présente admirablement bien sa création avec ses différentes zones. Les quartiers avec plus ou moins de l’argent, la plage, les forêts, l’école, le port, le parc municipal, j’avais l’impression de voir en vrai la ville. Mention spéciale à la carte réalisée au tout début de l’ouvrage et rédigé par M.Olivier Sanfilippo. Elle est sublime ! On y découvre les habitants et l’historique de l’endroit. Un endroit chargés d’atrocités toutes plus horribles les unes que les autres. Mahingan Falls est une personne à elle seule.

La famille Spencer est attachante. Et encore plus quand on sait qu’elle représente en réalité la famille Chattam. La mère bosse à la télé comme sa femme Faustine Bollaert, le père écrit des pièces de théâtre et ils deux garçons et une fille. Cette belle et heureuse famille était partie de New York pour vivre dans cette région loin du tumulte de la civilisation et loin des caméras. Une nouvelle vie. Ils emménagent dans une ancienne ferme. Un seul voisin des plus sympathiques, tout ce qu’il faut dans le centre-ville, les habitants sont accueillants, les enfants se sont fait une bande avec des potes (on reconnaît la relation entre les enfants avec Autre-Monde)...Tout le monde chez les Spencer est content de ce nouvel endroit. Sauf que plus les jours passent, plus il s’y passe des événements choquants. Dramatiques. Ils vont assister à des scènes traumatisantes (et aussi pour nous ! Il faut dire que le gore est souvent de la partie). N’importe qui d’entre nous aurait dit bye bye à la maison et à la ville. Mais quand des choses étranges se passent devant vous sans avoir plein de témoins à nos côtés, la raison arrive au grand galop. Devient-on fou ? Ou alors si ce que l’ont voit est bel et bien réel ? Difficile de ne pas être pris pour un fou ou une folle. Et puis quand tout se déchaîne, il est déjà plus difficile de faire ses adieux. 







En lisant Le Signal, j’ai retrouvé le mystère, le suspens et le gore du roman La Théorie Gaïa (de Chattam). Et ça, ça fait du bien ! C’est un pavé de près de 800 pages (il me semble que c’est le plus gros de l’auteur ) et sérieusement, plus je voyais la fin plus je prenais mon temps à enchaîner les chapitres. C’est un page-turner. On tourne les pages s’en sans rendre compte. Et puis quand on arrive vers la dernière partie de l’histoire, tout explose. Le récit mets du temps à venir aux faits, même beaucoup de temps. La véritable action ne se passe que dans les 200 dernières pages. Mais quand ça commence, ça fait très mal.

La révélation est réussie. Dans le fond l’histoire n’est pas originale, mais c’est dans la forme que ça change. Du moins c’est la première fois que je vois ça dans ce type d’histoire d’horreur. 


Le Signal est un roman que j'ai adoré lire. C'est même passé trop vite. Apprenez à  connaître les habitants de Mahingan Falls, ses secrets, son histoire. Certains humains peuvent aussi être horribles. Percez les mystères, lisez les pages le soir au calme avec une petite source de lumière bienvenue et vivez l'enfer de tout une ville planquée dans un trou avec des montagnes qui l'entourent comme un mur. Pour ma part je n'ai pas eu beaucoup peur mais en me mettant dans la peau de personnes qui n'ont pas l'habitude des histoires horrifiques, courage à vous.


C’est typiquement le genre de roman qu’on pourrait avoir en grosse production pour un bon film d’horreur.


Maxime Chattam a encore beaucoup d'histoires pour nous, pour notre plus grand bonheur ! Voici une de ses déclarations lors d'une interview dans Le Parisien/Aujourd'hui en France :
Dire qu'il a déjà 17 romans bientôt terminés : «J’ai 17 romans quasiment prêts». Je suis prêt !


 

mardi 2 janvier 2018

Hex de Thomas Olde Heuvelt





Auteur : Thomas Olde Heuvelt.
Traduit de l'anglais (États-Unis) par Benoît Domis à partir de la traduction du néerlandais de Nancy Forest-Flier.
Éditions : http://www.bragelonne.fr/
Collection : L'Ombre de Bragelonne.
Date de sortie VO : avril 2013 (Luitingh Sijthoff) / VF : 20 septembre 2017.
Pages : 383.
Prix : 20.00€.






Hex peut faire penser au roman Under the Dome de Stephen King. Comprenez par là que cette histoire se passe dans une petite ville américaine au nom de Black Spring. Cette fois-ci pas de dôme recouvrant la ville mais les quelques 3.000 habitants sont comme des aimants à leurs lieux d’habitations. Ils ne peuvent pas partir de Black Spring trop longtemps au risque d’avoir des pensées très glauques qui vont jusqu’au suicide. Black Spring tu y vies tu y restes jusqu’à ta mort ou alors c’est la mort qui vient elle-même te chercher plus tôt et de façon macabre.

Hex est un roman original comme le dit justement Stephen King en citation sur la magnifique couverture. Son histoire change de ce qu’on a l’habitude de lire et même de voir devant le petit et grand écran. Pas de zombies, pas de monstres, pas de tueurs en séries, pas de psychopathes. Rien de tout ça. Black Spring est un lieu idéal pour y vivre au fin fond de la campagne américaine. Est censée l’être ! Une dame qui s’appelle Katherine hante les rues depuis plus de 300 ans. Tout ce qu’on sait d’elle c’est qu’elle est une sorcière. Elle a la bouche et les yeux cousus. Elle ne ressemble en aucun cas aux sorcières qu’on connaît. Elle marche dans la ville depuis tout ce temps, elle entre chez les gens et peut même y rester des heures ou toute une nuit chez eux à être fixe. Pour les habitants c’est devenu une habitude comme une autre. Mais tout le monde a peur d’elle. Pourquoi est-elle comme ça ? Faut voir son passé mais je ne vous dévoile rien. 






Dans ce que j’ai adoré dans Hex c’est que tous les habitants doivent faire comme si c’est une concitoyenne normale aux yeux des gens qui vivent en dehors de Black Spring. Elle est pile dans la rue ? Alors tout le monde tente de faire comme un mirage. Ils l’a camoufle par tout ce qu’ils ont entre les mains. Personne ne doit savoir qui elle est. Personne de la ville doit dire leurs secret aux autres communautés en dehors de la leurs. Ni de la prendre en photos ou en vidéos. La loi peut être très stricte contre ça. Si les autorités sont au courant de l’existence de Katherine, c’est la catastrophe non pas par ce que le gouvernement pourrait faire mais par Katherine. Ça pourrait être la fin de toutes leurs vies. Pour ça, tout le monde a une application sur leurs iPhone qui leurs font voir les déplacements de « leurs monstre ». Ils peuvent exactement savoir ses faits et gestes. Tout est filmé dans les moindres recoins avec 400 caméras pour une petite ville. Qui n’aurait pas peur de se retrouver avec une vielle folle au beau milieu de la nuit dans sa chambre ou n’importe où dans sa propre maison ? Personne. 

La première partie du roman permet de bien s’imprégner des personnages. Mais ca reste super scotchant, je me suis fait le livre en quelques jours. La famille principale est celle de la famille Grant avec les parents et leurs deux enfants âgés de 13 et de 17 ans. Le plus grand est un accroc à la technologie moderne. Il fait des vidéos sur Youtube. Il est dans un groupe de potes qui sont comme lui et ont à peu près tous le même âge. Ce sont les seuls qui veulent en finir avec la sorcière. Ils se mettent à lui faire faire des choses et c’est à partir de ce moment que tout se déchaine et il sera trop tard pour revenir en arrière. 





Il faut plutôt se poser la question de qui est peut être le plus dangereux entre une seule sorcière et une communauté de 3.000 habitants quand d’un coup tout le monde devient superstitieux et pètent des câbles ? Surtout quand personne ne peut partir de la ville sous peine de se tuer. Ils sont au final comme enfermés sous un dôme, ce dont je parlais au début. Des milliers de gens cloisonnés dans un petit espace ça peut faire beaucoup de dégâts. Pendant toute la première partie il ne se passe pas grand chose. On apprends à connaître le passé de la ville. On fait connaissance avec beaucoup de gens de la ville. Tout le monde se connaît. Puis il se passe petit à petit des atrocités. Et pas qu’avec la sorcière. L’horreur absolue vient tout bêtement aussi des habitants et de ceux qui dirige la ville. Jusqu’à ce que la deuxième partie commence et là il se passe quelque chose de totalement inattendu ! Je pense que c’est impossible, franchement, de savoir en avance ce qu’il allait se passer.  C’est comme si on te donnait par surprise une grande claque dans le dos. L'ambiance est au même titre que la magnifique couverture : un brouillard épais plane au dessus de Black Spring. Le côté fantastique est bien retransmis.

J’ai adoré la morale de l’histoire. Les gens peuvent devenir des bêtes assoiffés de sang quand ils sont réunis en troupeaux. Ils perdent toutes leurs dignités et leurs respects de ce qu’on leurs a appris étant jeunes. Ils ne réfléchissent plus. Et ça montre exactement ce qui se passe aujourd’hui dans le monde. Si un jour il se passe ce genre de choses, mieux vaut être dans une ville avec des milliers d’habitants en se pensant être en sécurités ou bien être plus éloignés et être seuls dans sa campagne mais au moins sans risque qu’un chaos dégénère les humains ? C’est la question qu’on peut se poser en tournant la dernière page. 


Les infos pratiques :

-La Warner développe une série télévisée basée sur le roman. J’espère qu’elle sera excellente, à la hauteur du bouquin. Quand on voit la qualité des séries d’aujourd’hui, notamment sur les séries avec un thème fantastique/horreur, ça peut être un beau projet.

-À la fin de l’histoire l’auteur nous parle longuement sur comment il a eu l’envie d’écrire une histoire sur une sorcière. Et surtout on apprends que dans son livre Hex d’origine qui date de 2013 sorti aux Pays-Bas, l’histoire est différente de celle traduite par Bragelonne et des maisons d’éditions anglaises. Toute la deuxième partie n’a rien à voir avec celle d’origine, le nom de la ville est différent, les personnages ont plus un côté américain. Ses agents lui ont donner un défis d’écrire non pas une suite mais un Hex 2.0. Le problème c’est que l’auteur ne veut pas nous dire comment se termine le « vrai » Hex (qui a une fin moins horrible que celle qu’on a). À voir avec la série télé si elle aussi aura un traitement encore différent ou si elle reprendra un peu des deux histoires.